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« Au bloc, un médecin m’a proposé de violer une vieille dame »


A la suite d’un article publié dans Le Monde, une étudiante en cinquième année de médecine réagit en racontant une expérience pour le moins dégou..déroutante.

C’est la site de L’Obs qui relaye cette information: une étudiante accuse une pratique apparemment fréquente, le toucher vaginal  sans le consentement du patient. Cette  étudiant, surnommée Elsa, commente sur Twitter la tribune de Laurent Vercoustre, gynécologue obstétricien à la retraite.

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Dans ces écrits, l’homme décrit la dénonciation des touchers non consentis comme une preuve d’hystérie. Un propos tout à fait assumé et loin d’être sexiste. Cette dénonciation des femmes serait en réalité une stratégie de diablesses souhaitant nuire à la pratique saine de la médecine.

« N’oublions pas non plus que le corps féminin est au cœur du discours hystérique. C’est le corps féminin martyrisé par les techniques médicales que ce discours cherche à exhiber. […] Cette hystérie est fondamentalement une stratégie pour piéger la médecine. Elle consiste à lui renvoyer d’une façon théâtrale, son impuissance ou ses excès. »

Bah voyons… de plus, le professionnel, qui ne manque pas d’abuser de son argument d’autorité, affirme que les femmes n’ont en fait rien compris! « Le toucher vaginal est devenu en quelques mois une agression sexuelle. Le discours hystérique revendique que le corps de la femme devienne objet de désir en postulant que le médecin qui pratique cet acte est animé par des pulsions sexuelles. »

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Renée Greusard, rédactrice pour L’Obs, rappelle quelques lignes de lois:

« Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. »

« Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle. »

Voila qui est explicite: on ne se balade pas sur une femme comme ça, même au nom de la médecine.

Elsa, l’étudiante, raconte son expérience en CHU (centre hospitalier universitaire). En avril 2016, au cours d’un examen du colon sous anesthésie générale, elle s’est vue proposer d’effectuer un toucher vaginal… devons nous préciser que la patiente est à ce moment TOUJOURS endormie? Le rapport entre le colon et un toucher vaginal? Aucun! Cette pratique n’est en rien justifiée dans le cadre d’une coloscopie comme le rappel Renée Greusard.

Le médecin lui a dit :

« Bon, Elsa, le TR (toucher rectal), tu maîtrises, alors maintenant : TV ! »

L’étudiante a refusé de pratiquer cet « exercice » malgré la bonne volonté du médecin qui voulait pourtant bien faire. Elsa explique au téléphone que le médecin semblait réellement vouloir proposer une expérience instructive, « Il s’appliquait vraiment à m’apprendre des gestes ». En se justifiant, l’étudiante précise à son enseignant que ce n’est pas le toucher vaginal qu’elle refuse mais le simple fait que la patiente n’y ait pas consenti. D’autre part, l’étudiante est opposée à ce  qu’une pratique de ce genre soit proposée à un groupe d’apprentis comme cela s’est déjà produit. Elsa est restée incomprise du médecin.

On ignore si ces pratiques sont courantes. Aucun organisme n’a pour l’instant fait d’enquête à ce sujet. Seule donnée dont nous disposons, un rapport de la Conférence des doyens de facultés de médecine affirme que 33% des touchers vaginaux, rectaux et autres examens des « orifices herniaires » sont pratiqués sans l’autorisation des principaux concernés.

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