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Un bébé né sous l’emprise de drogues

Dans l’Outaouais, au Québec, la justice vient de trancher sur le devenir d’une naissance particulière.

En effet, en 2015 un enfant sous l’emprise de métamphétamine et de cannabis sort du ventre de sa mère toxicomane. Le bébé débute donc sa vie dans un état de sevrage.

L’élément actif du cannabis, le THC, atteint le foetus au travers des barrières placentaires. La concentration de cette molécule atteignant l’embryon est la même que celle de la mère.

Le tribunal précise que la fillette réussit  aujourd’hui à se développer normalement. Cependant selon le ministère de la Santé du Québec, les enfants qui naissent sous l’emprise de métamphétamine serait sujet aux retards de croissance, aux tremblements, à l’hyperactivité ainsi qu’aux peurs incontrôlables liés au manque.

C’est aujourd’hui la grand-mère qui s’occupe de la fille. « Les parents maintiennent entre eux une relation de dépendance affective importante empreinte de conflits récurrents », écrit la juge Line Gosselin en charge de l’affaire. Ce couple de parents en prises avec des problèmes affectifs est un cadre jugé inadapté par le tribunal. Le procès pour la garde de l’enfant rapporte des violences et mentionne un laisser-aller dans l’éducation de la petite.

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Les parents ont obtenu des droits de visite supervisés (des visites limitées à 2 heures par mois) mais ne peuvent avoir la garde de leur enfant. « Relation de dépendance affective », « Conflits récurrents », « relation malsaine »: tels sont les mots employés par la juge. La magistrate souligne aussi que la petite fille porte son affection vers sa grand-mère.

Les enfants nés dans de pareils circonstances doivent être stimulés. Selon le directeur du Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO) Yves Séguin, « Dès la naissance, c’est une réadaptation physique, un sevrage de quelques jours. » Il ajoute « Il n’y a pas toujours d’impacts permanents (de l’intoxication du bébé). Il n’y aura peut-être pas de traces. Ce n’est pas comme l’alcoolémie foetale. Mais il y a aussi l’aspect parental. L’enfant doit être stimulé, entouré, puis aimé. »

D’aprés l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) c’est près d’une centaine de bébés qui ont besoin de sevrage à leur naissance.

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